- Date
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Ven. 5 juin 2026, 17:30
- Lieu
- Villefontaine, Auvergne Rhone-Alpes
- Organisé par
- Public
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Pour les nouveaux adhérents de moins de 6 mois
Table ronde "Montée de l’idéologie de l’extrême droite en France et en Europe : Quels risques pour nos démocraties et le monde du travail ? "
Invité·es :
Thierry Pech : Directeur général de Terra Nova et ancien directeur de la rédaction d'Alternatives Économiques. Il est notamment le co-auteur de deux ouvrages de politique-fiction parus aux éditions Les Petits Matins : Marine Le Pen présidente : Dystopie politique 2026-2029 (janvier 2025) et Sans eux (avril 2026).
Diana Agostinello : Secrétaire syndicale CGIL Rome et Latium, Italie.
CFDT : Intervention confédérale.
Animation : Sonia Paccaud, Secrétaire régionale en charge de la thématique.
Accueil / Introduction : Hicham Benichi., Secrétaire Régional en charge de la CFDT de l'Isère.
Objectifs de la table ronde
Déconstruire la rhétorique frontiste par l'éducation populaire : Face à un Rassemblement National durablement enraciné dans le paysage électoral et aux portes du pouvoir, il s'agit d'apporter des clés de décryptage pour lutter contre la banalisation de son programme. L'objectif est de démontrer comment, derrière une tentative sophistiquée de captation de l’électorat populaire, se cachent des attaques frontales contre la démocratie sociale.
Mobiliser l'approche comparative franco-italienne : Utiliser l'Italie comme laboratoire d'observation pour illustrer, de manière concrète, les conséquences de l'exercice du pouvoir par l'extrême droite. Il s'agira de mettre en lumière les reculs tangibles en matière de libertés fondamentales, d'égalité des droits (notamment de genre), et leurs effets délétères directs sur le monde du travail et les organisations syndicales.
Réaffirmer l'identité et la force d'action de la CFDT : Structurer une réflexion à la fois critique et opérationnelle pour réaffirmer la ligne de notre organisation. L'enjeu est de consolider notre capacité collective à agir et à résister face aux menaces qui pèsent sur les corps intermédiaires.
Éléments de contexte
Une extrême-droitisation diffuse et la fragilisation du barrage républicain : À l'horizon de la présidentielle 2027, le débat public subit un glissement idéologique majeur qui dépasse le seul cadre du RN. Cette banalisation se traduit de manière alarmante dans le dernier baromètre du Cevipof : plus de 40 % des Français se disent prêts à expérimenter une « solution autoritaire », et 68 % perçoivent l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir comme inéluctable.
Le paradoxe sociologique au cœur du monde du travail : Illustrant parfaitement la "mue contemporaine" de l'extrême droite évoquée en introduction, 17 % des sympathisants de la CFDT ont voté pour le RN lors des dernières élections législatives. Ce chiffre souligne le paradoxe de travailleurs apportant leurs suffrages à un parti dont l'ADN reste anti-syndical, souvent par désespérance ou en se réfugiant derrière la posture du « on n’a jamais essayé ! ».
Le désarroi de la base militante face à la banalisation : Les remontées de nos débats démocratiques internes (env 30) révèlent la difficulté, pour une partie de nos militants.es, à identifier des leviers opérationnels pour contrer la rhétorique frontiste sur les lieux de travail. Il y a une urgence à outiller nos équipes face à ce sentiment d'impuissance. Le constat est aussi, même si cela représente une minorité de nos militants.es, que certains y compris chez des responsables, ne considèrent plus réellement le RN comme un parti d’extrême droite. Rarement dans quelque chose de l’affirmation explicite, le renvoi dos à dos avec l’extrême gauche ou la formule « on a pas essayé » est de nature à traduire une adhésion à la banalisation de ce parti voir à la tentation du vote RN.
Des signaux d'alerte institutionnels et locaux préoccupants : La banalisation institutionnelle s'accélère, illustrée par la récente séquence d'échanges entre le Medef et Jordan Bardella. En parallèle, les actes d'hostilité envers le mouvement ouvrier se multiplient à l'échelle locale (à l'image des velléités d'édiles RN de supprimer les cérémonies syndicales du 1er mai). Ces signaux, bien que de nature différente, font écho au traumatisme de l'assaut néofasciste contre la CGIL en Italie et rappellent la menace permanente qui pèse sur les libertés syndicales.