15/01/2021

"La réussite politique d’un congrès passe aussi par sa réussite matérielle"


Comment se prépare un événement qui dure plusieurs jours et rassemble des milliers de personnes? Sophie Légeron, responsable du comité d'organisation du congrès de Lyon, nous explique.

Sophie, tu es responsable du comité d’organisation du congrès de Lyon. Peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit ?

Ce comité, composé de 16 responsables de la confédération, d’un responsable de l’URI CFDT Auvergne-Rhône-Alpes qui fait le lien avec les équipes sur place, d’un régisseur et d’une assistante à plein temps, est en charge de l’organisation matérielle du congrès qui se déroulera du 13 au 17 juin 2022.

Au sein du comité d’organisation, chacun a une responsabilité précise, comme par exemple gérer l’hébergement, la restauration, les partenariats, les relations avec les syndicats, la communication pour le congrès, la sécurité ou encore la logistique. Pour la soirée festive, nous allons mettre en place un groupe projet interne au comité d’organisation avec le  régisseur. Enfin, nous devons gérer les invitations et l’accueil des délégations syndicales internationales avec le soutien du service international de la confédération.

Le comité d’organisation doit également veiller au respect du budget défini pour le congrès. Loin de nous l’idée de faire un congrès au rabais mais il est indispensable d’être responsable sur le plan budgétaire : il s’agit de l’argent des cotisations des adhérents et la CFDT est reconnue pour son sérieux budgétaire !

Le choix de Lyon pour accueillir le congrès en juin 2002 a été fait fin 2019. Pourquoi faut-il s’y prendre si longtemps à l’avance ?

Le choix de Lyon a été fait par le Bureau national en novembre 2019. Cela peut effectivement sembler très tôt pour un congrès qui se déroulera en juin 2022 mais c’est indispensable de s’y prendre très en amont. En effet, peu de villes françaises sont en capacité d’accueillir pendant une semaine les 3 000 participants au congrès CFDT. Il faut une capacité hôtelière très importante pour loger dans de bonnes conditions et proche du lieu du congrès les 3 000 participants ; un lieu adapté au déroulement du congrès qui puisse accueillir la plénière, les stands des partenaires, les salles de travail pour le personnel confédéral et le Bureau national, une salle de presse pour les journalistes, sans oublier un espace restauration. Et tout ça, sans parler de la soirée festive : les lieux permettant de les organiser pour 3 000 personnes sont rares. L’offre étant restreinte, nous sommes en "concurrence" avec différents autres grands événements, ce qui impose de réserver très à l’avance. D’autant plus que la CFDT, dans sa démarche éco-responsable, sélectionne des villes faciles d’accès en transports en commun. 

Enfin, n’oublions pas, même si notre modestie doit en souffrir, que la CFDT est reconnue pour la qualité de l’organisation de ses congrès confédéraux. Maintenir cette qualité est d’autant plus important maintenant que nous sommes la première organisation syndicale française. Cela demande du travail et du temps.

Une fois la ville sélectionnée, c’est là que commence réellement le travail du comité d’organisation ?

Effectivement ! Nous multiplions les visites à Lyon que ce soit pour rencontrer les équipes locales (n’oublions pas que près de 200 militants CFDT de Lyon et de sa région s’impliquent très fortement dans l’organisation du congrès en plus de leur travail et de leurs mandats syndicaux !) ou pour visiter les infrastructures retenues.

Tout cela prend du temps. Par exemple, nous devons visiter tous les hôtels pour nous assurer qu’ils correspondent à notre cahier des charges. Même chose concernant la restauration : nous allons lancer un appel d’offres auprès des professionnels locaux avec un cahier des charges très précis (sur des produits locaux notamment), il faut ensuite les tester avant de sélectionner le traiteur.

Certes tout cela peut paraitre éloigné de la dimension "politique" d’un congrès confédéral mais on ne le dira jamais assez, et nous ne le perdons jamais de vue au sein du comité d’organisation : la réussite matérielle d’un congrès – qui se joue en amont, pendant la phase de préparation – est un élément important de sa réussite politique. Les congressistes doivent être mis dans les meilleures conditions matérielles pour pouvoir se concentrer sur les débats. C’est notre rôle de faire en sorte que tout soit impeccable le jour J, ainsi que durant toute la durée du congrès.

Le congrès de Lyon sera le quatrième éco-congrès de la CFDT. Cela impose-t-il des contraintes supplémentaires au comité d’organisation ?

C’est un élément capital et transversal à toutes les décisions que nous prenons, du choix de la ville, qui doit être accessible, à celui des hôtels et de la restauration qui doivent respecter des cahiers des charges stricts en matière de développement durable, en passant par le moindre prestataire, y compris en termes d’aménagement des lieux du congrès. De plus, comme pour les congrès précédents, la CFDT travaillera avec des associations pour compenser intégralement l’empreinte carbone de cet événement !

Donc oui, pour les membres du comité d’organisation cela représente beaucoup de boulot, en plus de leurs activités habituelles, et pas mal de pression. Mais c’est également passionnant et très enthousiasmant.


Propos recueillis par Nicolas Ballot