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Lydie Nicol

Lydie Nicol

Secrétaire générale de la CFDT Bretagne

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"Je suis une indignée constructive." Le petit accent finistérien de Lydie, aux terminaisons légèrement traînantes, masque une détermination sans faille. À 44 ans, elle est à la tête de la CFDT Bretagne, une des régions les plus importantes en nombre d’adhérents et de voix recueillies aux élections professionnelles. Le fruit d’une histoire qui est aussi la sienne. "Mon parcours à la CFDT s’est construit à partir de rencontres et de sollicitations. Je n’ai rien provoqué".

Jeune étudiante en droit en 1998, Lydie plonge dans le bain syndical lors du premier conflit social impliquant le personnel à terre de la Brittany ferries. "Je me suis vite rendu compte qu’il suffisait que des saisonniers comme moi assurent le boulot pour tuer le mouvement dans l’œuf." Impensable pour cette jeune femme éprise de justice. "C’est à ce moment-là que la CFDT est venue vers moi. Elle n’était pas là pour me convaincre de la soutenir mais pour s’intéresser à mon statut, à mes conditions de travail. J’ai apprécié cette démarche." Au point de prendre sa carte. "Sans en faire un combat, je crois avoir contribué à faire évoluer la représentation des femmes dans un univers syndical et professionnel très masculin."

Ses premiers faits d’armes ? En finir avec l’obligation pour les femmes de porter exclusivement des jupes, leur ouvrir la possibilité de gérer les embarquements des véhicules sur les navires, fonctions jusqu’alors réservées aux hommes… et se faire accepter dans une équipe de militants aux épaules carrées et à la voix qui porte. "J’ai beaucoup appris à leurs côtés, et d’ailleurs, quand je suis en difficulté, c’est souvent en me remémorant nos combats communs que je trouve la solution." Les combats suivants ? Ils seront surtout territoriaux.

"J’attends beaucoup de l’avant congrès de Lyon qui doit être l’épilogue d’un processus démocratique participatif, insiste Lydie. Il faut réussir à impliquer le maximum d’adhérents dans sa conception pour en garantir le succès."

Tout en assurant le secrétariat du Comité d’entreprise de la Brittany (3 000 salariés !), elle intègre le bureau de l’union locale de Morlaix, est élue conseillère prud’homale, intègre l’union départementale du Finistère… "Avant de rejoindre le bureau régional en 2010, je me suis énormément impliquée avec la CFDT dans le suivi des entreprises et des salariés qui subissaient de plein fouet les conséquences de la crise de 2008. J'étais alors chargée de mission ; on a dû faire un gros travail de terrain auprès des équipes." "À partir de 2013, les choses se sont accélérées", se souvient-elle. Elle quitte la Brittany et ne se consacre plus qu’à la CFDT grâce à des délégations de mandats. Elle devient syndicaliste à temps plein pour mener de front toutes les batailles.

Hervé Goachet à l’union départementale 29 puis Louis Baron au niveau régional, lui font confiance, l’accompagnent et la poussent petit à petit à prendre des responsabilités. "En acceptant une nomination à la tête d’un exécutif, on fait un peu le deuil du projet syndical que l’on mène de bout en bout. Ton rôle de responsable, c’est d’être surtout à l’impulsion. Ensuite tu délègues. C’est parfois un peu frustrant. À moins de prendre régulièrement la température auprès des sections, de vérifier que des décisions prises en instance produisent des résultats sur le terrain pour les travailleurs."

Cette exigence de proximité, la Finistérienne en a fait sa ligne de conduite. Elle s’y accroche comme un marin au bastingage de son navire, y compris pour alimenter ses interventions en Bureau national et contribuer à la définition des futures priorités de la CFDT. "J’attends beaucoup de l’avant congrès de Lyon qui doit être l’épilogue d’un processus démocratique participatif, insiste Lydie. Il faut réussir à impliquer le maximum d’adhérents dans sa conception pour en garantir le succès."

Dominique Primault