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Face aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux, face à l’urgence des transformations à venir, la CFDT plaide pour une transition juste qui puisse concilier les exigences écologiques, économiques et de justice sociale.

La justice de la transition est aussi une condition de réussite des mutations à venir, qui ne peuvent être conduites sans l’engagement de tous. Mais qu’est-ce qu’une transition juste ? Le projet de résolution propose une double réponse à cette question : la transition est juste si les efforts nécessaires sont équitablement partagés, mais la transition est juste surtout si elle permet de construire une société plus juste. Cela doit permettre de renforcer nos revendications et notre audience auprès des travailleurs confrontés aux défis de la transition.

EXTRAIT DE L'AVANT-PROJET DE RESOLUTION DU CONGRÈS DE LYON

5.2.1 Un nouveau modèle de développement à promouvoir

  • 5.2.1.1 Nous devons transformer nos modes de production, de travail, de déplacement, de consommation et de vie. Par la sobriété, l’efficience énergétique, l’éco-conception, l’économie circulaire, mais aussi l’innovation et la planification stratégique des transformations à opérer, nous pourrons réduire l’utilisation des ressources non renouvelables, l’impact sur la biodiversité et les rejets dans l’environnement.

  • 5.2.1.2 Viser une neutralité carbone en 2050 nous impose dès aujourd’hui d’anticiper la production d’énergie à cet horizon. Avec l’arrêt des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), une hausse de la production d’électricité est à anticiper malgré les indispensables efforts en termes de sobriété et d’efficacité. Il faudra donc diversifier nos sources de production énergétique non carbonées notamment par le développement des énergies renouvelables sans enfermer les générations futures dans des choix contraints.

  • 5.2.1.3 Si la transition écologique de notre modèle économique est inéluctable, l’avenir qu’elle annonce reste indéterminé. Nul ne sait aujourd’hui quelles seront les bonnes réponses technologiques de demain. A tous les niveaux (européen, national, territorial, entreprises), il faut donc à la fois tracer le cap de la neutralité carbone à l’horizon 2050 et de la préservation de la biodiversité tout en gardant la souplesse nécessaire pour s’adapter aux innovations technologiques et sociétales du futur.

  • 5.2.1.4 Pour cela, la CFDT appelle de ses vœux l’émergence d’un nouveau modèle de développement sobre et efficient sur le plan énergétique, soutenable en ce qui concerne la consommation de matières premières, et qui s’appuie sur des emplois de qualité.

  • 5.2.1.5 Ce nouveau modèle économique doit être centré sur l’humain, c’est-à-dire sur la production du bien-être individuel et collectif : la santé, l’éducation, l’alimentation, la mobilité, le soin, la sécurité, le lien social ou interpersonnel. Il ne s’agit ni de prôner l’ascétisme ni de rêver à une économie immatérielle, mais de produire en priorité ces biens et services qui n’étaient considérés jusqu’à présent que comme des sous-produits de la richesse matérielle.

  • 5.2.1.6 Ce nouveau modèle de développement passe par un investissement dans la recherche scientifique, pour transformer les modes de production et de consommation, mais aussi pour diffuser dans la société des compétences propices à l’innovation. L’investissement dans la recherche doit encourager la coopération entre les laboratoires, qu’ils soient publics ou privés. Il doit aussi intégrer les sciences sociales, fondamentales pour mieux comprendre la société comme les individus, et donc orienter notre destin commun.

  • 5.2.1.7 Ce nouveau modèle de développement implique de s’appuyer sur des modes de financements responsables, intégrant des enjeux environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance. Cela signifie d’adopter des budgets publics ambitieux du point de vue social et environnemental, de conditionner les aides publiques, d’adopter des règles de marchés publics exigeantes, d’augmenter les moyens d’intervention des banques publiques d’investissement au service de la transition écologique juste. En complément, il est nécessaire de construire une finance durable en s’appuyant sur la promotion et la bonne gouvernance de l’investissement socialement responsable (ISR) et en construisant une véritable taxonomie sociale et environnementale améliorant l’impact positif de la finance sur la société.

  • 5.2.1.8 Ce nouveau modèle de développement ne tourne pas le dos à l’entreprise ni à l’industrie. Transformer nos modes de production, ce n’est pas tant produire moins que produire autrement, produire mieux et surtout produire autre chose – produire des services, produire de l’usage, produire de l’accès, produire du durable et du réemploi. La capacité d’organisation collective, de rationalisation, d’investissement et d’innovation que recèle notre tissu d’entreprises doit être mise au service de cette reconstruction de notre économie et peut jouer un rôle moteur pour faire émerger les technologies soutenables et les procédés industriels résilients du futur.

  • 5.2.1.9 Ce nouveau modèle de développement suppose de revenir sur l’éclatement excessif des chaînes de valeur. La production d’usages, de services, de bien-être demande plus d’interactions, de proximité, de coopération entre les différentes étapes de la production, entre les entreprises d’une même filière ou d’un même territoire. Elle valorisera plus la coopération et moins la concurrence.

  • 5.2.1.10 Ce nouveau modèle de développement suppose également de reconsidérer la place des travailleurs dans l’entreprise. Porteurs de compétences et donc d’innovations, capables d’améliorations organisationnelles s’ils sont impliqués dans le dialogue professionnel, capables d’investissement et de mobilisation s’ils sont écoutés dans le dialogue social, les travailleurs déterminent le potentiel d’anticipation et d’adaptation des entreprises.

  • 5.2.1.11 Un nouveau modèle de développement suppose enfin de nouveaux indicateurs pour conduire les politiques économiques. La croissance n’est pas en elle-même une solution aux inégalités, à la pauvreté ou aux désordres environnementaux. Le pilotage économique et l’évaluation des politiques publiques ne peuvent avoir pour seule boussole le PIB. Ils doivent aussi être orientés par les nouveaux indicateurs de richesse définis par la loi Sas de 2015 (éducation, santé, inégalités de revenu, biodiversité, …), déclinés en sous-indicateurs (territoire, genre, tranche d’âge, CSP) comme le préconise le CESE.

  • 5.2.1.12 De la même manière, il faut peser sur le pilotage et le développement des entreprises en s’investissant dans la réforme des normes comptables tel que préconisé dans la résolution de Rennes. Si l’intégration de critères environnementaux est devenue nécessaire, elle n'a de sens qu’associée systématiquement à l’intégration de critères sociaux. La CFDT y veillera.